La commune de Flize

 

PRESENTATION                                                                                                                  

Superficie: 2.07Km²

Altitude: entre 145m et 230m
Population: les Fliziens et Fliziennes - 1 194 habitants (2008) INSEE 

Le taux d'activité était de de 71,1%% en 2007.
Les retraités et les pré-retraités représentaient 17,4% de la population en 2007.

Flize est jumelée depuis 1993 avec la commune de Pompaire, située dans les Deux-Sèvres.

 

SON HISTOIRE                                                                                                                          

Son passé industriel
L'usine de Flize est créée en 1832 par Jean-Nicolas Gendarme à l'emplacement d'un ancien moulin ; la production démarre en 1835. Gendarme désirait compléter ses établissements de Boutancourt qui ne possédaient pas de laminoir.
La première installation comportait un laminoir actionné par deux roues hydrauliques, deux équipages de cylindres (dégrossisseurs et étireurs), un marteau cingleur, une paire de cylindres à laminer et des cylindres spatards.
Les fours étaient alimentés exclusivement à la houille.
En 1843, l'usine possède des fours à puddler et cinq fours à réchauffer. Par la suite des ailes sont greffées sur le bâtiment initial. Après la mort du fondateur, en 1847, l'usine passe à Duhesme, puis en 1863 à E. Muaux et Cie (Société des Mines, Hauts Fourneaux, Forges, Laminoirs et Aciéries de Moulaine, Flize et Boutancourt), en 1876 à Gailly et Maljean, en 1884 à Raty et Cie (Hauts-Founeaux de Saulnes), et en 1901 aux Boulonneries de Bogny- Braux.
Avant la Première Guerre mondiale elle prend pour raison sociale Forges et Aciéries de Flize avant d'entrer deux ans plus tard dans le giron de Hardy-Capitaine et d'être absorbée en 1933 par la Société Métallurgique de l'Escaut jusqu'à l'arrêt de la production en 1969.
Actuellement, les bâtiments subsistants sont occupés par des sociétés de transports routiers et de négoce de métal.
A l'ouest, les vestiges d'un bâtiment édifié vers 1880 sont les plus anciens du site. Les grandes halles métalliques du laminoir au sud et celle du magasin à fer au nord ont été édifiées à la fin du 19e siècle ou au tout début du 20e siècle.
Un grand canal, créé par Gendarme, relie les forges d'En-Bas de Boutancourt à l'usine de Flize ; il servait de réserve d'eau et d'énergie. En 1889, l'usine est raccordée par rail au port sur la Meuse, puis en 1906, grâce à un pont enjambant la Meuse, à la voie ferrée passant à Lumes.
Au début du 20e siècle, une centrale électrique est construite en contrebas du canal pour alimenter quatre turbines à vapeur.

Un des sites des derniers combats de 1918

Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1918, le commandement de la 163ème D.I. reçoit l’ordre de traverser la Meuse :
« Il faut passer à tout prix. L’ennemi hésite à signer l’armistice. Il se pense à l’abri derrière la Meuse. Il faut frapper le moral de l’ennemi par un acte d’audace. Passez comme vous pourrez : au besoin, sur les voitures de vos convois, mises en travers du fleuve. Il faut, question de moral. ».
Le pont se présente sous le forme d’une grande cage métallique, sans plancher et sectionnée, en outre à la mine en deux endroits. La partie inférieure de cette cage plonge dans l’eau sur une longueur de plusieurs mètres mais les longrines supérieures, bien que fortement gauchies, émergent des flots. Le problème pour les hommes du Génie consiste, à l’aide de planches et de madriers trouvés dans l’usine, à construire un plancher à peu près horizontal pour permettre le passage de l’Infanterie. La Meuse débordée, dépasse les 70 mètres de large, la température avoisine - 6°C et à 80 mètres, l’ennemi est aux aguets. Le 10 novembre à 8h00, la passerelle est terminée. Aussitôt les soldats 19ème et du 142ème R.I. traversent la Meuse dans le plus grand silence mais se retrouvent vite sous le feu des mitraillettes allemandes entre la rivière et la ballastière. De difficiles combats perdurent toute la journée du 10 novembre.
Le 11 novembre, à partir de 8h00 les soldats sont informés qu’à 11h00, la guerre sera finie. A 10h50 les mitrailleuses allemandes déclenchent un feu nourri. Les français répondent et le vacarme de la guerre reprend de nouveau. D’un seul coup, tout cessa. C’est le grand calme. Il est onze heures, le onzième jour, du onzième mois de l’année. L’armistice est sonnée

 

SON PATRIMOINE                                                                                                             

son église

L'église Saint-Remi actuelle date de 1865 : elle a trois nefs avec transept, 40 mètres de longueur sur 20 de largeur. Un assez joli chemin de Croix est en relief sur le mur. Les orgues ont été données par Mme JACOB.
Pour acheter les deux cloches nouvelles, on revendit l'ancienne cloche portant le millésime 1777, dont le parrain était Antonio Raulin, seigneur du fief de Flize, lieutenant de la grande louveterie de France, manufacturier de la draperie royale de Sedan et la marraine, Marguerite Durand de Miremont.

 son château

Au lieu-dit le "Château", confluent de la Meuse et du ruisseau d'Elan, s'élevait, jadis, une tour ou guette, comme il s'en trouvait maintes et maintes le long du fleuve. Sur son emplacement fut construit un château qu'habita, vers 1815, la famille Clermont- Tonnerre, et dont les parcs auraient été dessinés par Le Nostre.
Après le traité de Bruxelles fut démolie la tourelle de ce château qui, par suite, devint manufacture de draps, puis filature, puis ferronnerie et, enfin, maison bourgeoise. En draguant la Meuse, en cet endroit, on retira de l'eau d'assez nombreuses armes provenant sans doute des "soldats royaux" faits prisonniers à la bataille de Nouvion, 1592, et noyés ensuite par ordre du maréchal de Saint-Paul.
En 1843, M. Gendarme, de Vrigne-aux-Bois, maître de forges à Boutancourt et à Flize, acquérait ce château - ou plutôt cette maison bourgeoise - et le transformait complètement. Lorsque se fit, en 1868, la « liquidation des usines », ce château fut acheté par Mme Jacob-Jacquemin, aujourd'hui décédée, qui lui donna son allure seigneuriale.
Il est, maintenant, la propriété de la société Arcomat.

 TOURISME                                                                                                                           

La voie Trans-Ardennes

Le pont métallique de Flize appelé par les Fliziens « pont vert » est construit en 1906 pour permettre de rallier l’usine de Flize au triage de Lumes. Il permettait l’acheminement par voie ferrée des matières premières dont l’usine avait besoin et le départ de l’acier manufacturé dans toute l’Europe.
En 1914, afin de limiter l’avancée des Allemands, les troupes Françaises le minent en son centre.
En 1916, les troupes Allemandes lancent sa reconstruction,effectuée par des prisonniers Russes et Italiens en détention dans un camp de travail à Flize.
En Novembre 1918, les Allemands minent les deux piliers du pont pour stopper l’avancée de la IVème armée Française.
Le 9, 10 et 11 Novembre 1918, les troupes Françaises du 142ème et du 19ème R.I. l’utilisent pour effectuer le passage de la
Meuse ordonné par l’État-major Français.
Beaucoup de Soldats Français et Allemands y perdirent la vie durant ces 3 jours d’intenses combats.
L’usine lança rapidement sa reconstruction aussitôt la guerre finie, le petit train continua de l’emprunter jusqu’à la fin des années 80.
Non utilisé du début des années 1990 à 2014, il est acquis et réhabilité par le Conseil Départemental des Ardennes pour permettre aux marcheurs et cyclistes de rallier Charleville-Mézières à Sedan par la voie verte Trans Ardennaise.
Il est aujourd’hui l’un des plus beaux lieux de passage de cette voie verte.